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Lawrence Lande, concessionnaire automobile et collectionneur à Montréal, a brûlé pour John Law, économiste du XVIIe siècle et père du capitalisme moderne, qui est tombé en disgrâce. Après avoir connu John Law dans le premier texte, ce Lawrence explore la quête de Lande. Continuez et finissez la semaine prochaine.

Qu'un Montréalais anglophone soit nostalgique de l'Amérique française, ce n'est pas évident! Lawrence Lande, cependant, a réhabilité obstinément John Law pour imaginer un autre destin en Nouvelle-France.

L’origine juive de la famille Lande pourrait nous éclairer sur une telle approche. "Ce projet ne me surprend pas du tout", déclare Pierre Anctil, professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa, spécialiste de cette communauté. Il poursuit: «À l’instar des Pays de Lawrence, de nombreux Juifs ont la même passion: ils ont rassemblé des livres et des manuscrits pour écrire l’histoire du Canada. N'oublions pas que les premiers Juifs sont arrivés très tôt en Nouvelle-France. C’est parce que l’Église catholique les a rejetés de ses écoles! Selon l’universitaire, l’approche de Lawrence Lande est donc un geste politique, une condition préalable à l’inclusion dans le monde francophone.

"Il y a aussi un respect pour le livre parce que cette religion est enseignée à travers les textes", ajoute Pierre Anctil. Une confirmation qui ne nie pas Lawrence Lande dans son autobiographie Aventure dans la collection de livres, qui a été publié en anglais en 1975. En embrassant les livres tombés par maladresse, son grand-père très religieux transmet délibérément une fascination pour l'écrit.

Passion: oeuvres d'art

Ainsi, le projet autour de John Law n'est pas le premier marchand d'armes pour un collectionneur passionné depuis longtemps par les œuvres d'art. La Montréalaise a notamment découvert une partition écrite par Beethoven, inspirée du Québec. À la fin de 1825, le célèbre compositeur allemand a rencontré le professeur de musique Theodore Molt, originaire du Canada, qui s'est formé en Europe. Genius a impressionné avec ses histoires du Nouveau Monde et a composé un canon. C'est ce précieux document que Lawrence Lande retrouve à New York et aura été présenté par un ensemble symphonique de 1968 à Montréal.

Mais cette fois, pour réhabiliter John Law, ce n’est pas un orchestre à engager, mais un connaisseur du rare marché des documents historiques. Lawrence Lande rencontre cette fin serrée avec Bernard Amtmann, la plus grande librairie d'antiquaires au Québec depuis les années 1950.

Ce projet ne me surprend pas du tout. Comme Lawrence Lande, beaucoup de Juifs avaient la même passion: ils rassemblaient des livres et des manuscrits pour écrire l'histoire du Canada. N'oublions pas que les premiers Juifs sont arrivés très tôt en Nouvelle-France. Et s’ils sont devenus anglophones par la suite, c’est parce que l’Église catholique les a rejetés de ses écoles!

Alfred Van Peteghem est un employé de l'institution où il dirige la vente aux enchères de livres de valeur. Cette francophone d’origine belge a acquis une connaissance unique de l’histoire canadienne en écrivant les catalogues de vente aux enchères. Lawrence Lande engage ce talent au début des années 1980 et lance son ambitieux projet.

Différents types de documents seront nécessaires pour argumenter John Law. Pour comprendre le cœur de son système, la lettre patente du gouverneur est indispensable car elle détaille le fonctionnement des institutions. Les pamphlets et les livres du jour offrent l’occasion de sentir l’atmosphère politique et de suivre les polémistes, jaloux des Écossais. Tous ces anciens documents sont toutes les preuves trouvées en Europe pour Alfred Van Peteghem.

Desserrer les cordons du sac à main

Lorraine Boisvenue, épouse de ce savant décédé en 2017, nous raconte cette épopée: «En plus de maîtriser le vieux français, Alfred avait un bon œil sur le marché. Dès qu'il a vu un document intéressant lors d'une vente en Angleterre ou en France, il a sauté dans un avion pour l'acheter pour Lawrence Pays. Il n'a rien laissé passer! "

Pour éclairer le mystère de la faillite de la loi en 1720, l’enquête doit se poursuivre en Amérique du Nord. Après tout, la contrepartie du papier-monnaie de la Banque Royale était basée sur les promesses faites par les colonies françaises. Les pays du Saint-Laurent doivent alors cibler les lettres des XVIIe et XVIIIe siècles, autant de preuves directes de l'activité économique du Canada ou de la Louisiane.

Le soir de sa vie, Lawrence Lande desserre les fils de son sac à main et libère le bouillonnant Alfred Van Peteghem dans le monde obscur des manuscrits anciens. Les pièces sont chères car elles sont uniques et prestigieuses. Les contrats rédigés par le gouverneur Huault de Montmagny, des lettres de Montcalm ou un manuscrit sur des projets d’immigration en Louisiane: rien n’est trop beau pour la collection de Lawrence Lande.

Dans son autobiographie, ce dernier retranscrit un rêve qui en dit long sur son état d'esprit. Quand il est dans un monastère, il dépose un grimoire contenant un secret de premier ordre. Mais chaque fois qu'il commence à rédiger le chèque, le prix que le vendeur a fixé augmente … à l'infini. Lawrence Lande soutient de ce rêve qu'il ne faut jamais lésiner sur les moyens d'acquérir toutes ces pièces.

"J’estime que Lawrence Lande a dépensé près d’un million de dollars par an", déclare Guy de Grosbois, un vieux libraire proche d’Alfred Van Peteghem. Avec de telles sommes, plus de 2 000 pièces assistent à sa collection. "Mais Lawrence Lande n'a jamais été satisfait de sa récente acquisition, il a toujours pensé à la suivante", explique Guy de Grosbois.

Documents pour l'histoire

Le bibliophile est confus dans cet achat insensé et se rend compte qu'il ne sera pas en mesure de traiter les milliers de documents avec sa petite équipe. Comme il le souligne dans l'introduction de l'un de ses six catalogues soigneusement rédigés par Alfred Van Peteghem, cette accumulation doit maintenant servir les professionnels de l'histoire. Le Montréal veut mettre ses œuvres uniques à la disposition des scientifiques et laisse intuitivement McGill. Depuis 1953, Lawrence Lande a noué des liens étroits avec l’université en faisant des dons de livres, en finançant des acquisitions ou en trouvant des gemmes rares. En retour, l'école lui a réservé une chambre, à laquelle assistait également une secrétaire.

En 2019, il est toujours possible de visiter l'ancien bureau de LawrenceLande situé au quatrième étage de la bibliothèque McLennan, appartenant à l'université. Il est nécessaire de prendre rendez-vous et de montrer la réception de ce lieu protégé. Dans la grotte intacte du collectionneur, l'œil s'arrête sur les récompenses et les photos du temps qui marquent encore l'espace. Plus loin, les fenêtres sont remplies de livres d'ordres. Cependant, si on vous demande de consulter les manuscrits destinés à réhabiliter John Law, le personnel sera obligé de vous décevoir: les documents ne sont plus là et personne ne semble pouvoir les trouver.

Lawrence Lande écrivait avec un accent convaincant en 1975: "Il est dommage que les meilleures collections de documents historiques sur le Canada se trouvent aux États-Unis et non dans notre pays. Mais ce n’est pas surprenant: la plupart de ces collections appartiennent à des hommes fortunés vivant au sud de nos frontières. "

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